L’ASsociation Protestante d’Entraide et de Culture (AsPEC), créée en 2013 est l’héritière d’une histoire qui lie étroitement les deux facettes de la présence protestante dans la ville. En 1927 est créée l’association charitable de Dunkerque qui prend le nom de Diaconat en 1960. Sous l’impulsion de Claude et Robert Depuydt, elle entretient depuis lors des liens étroits avec l’Armée du Salut mais aussi avec la Cimade.
Les liens avec l’Église ont toujours été maintenus, notamment par le fleurissement du temple lors des cultes mensuels avec Sainte-Cène, par des visites aux personnes âgées et par le culte de l’Entraide, préparé et animé par les bénévoles, chaque année au mois de janvier. Les assemblées générales des deux associations se tiennent également le même jour.
Les nouveaux statuts de 2013 fixent, sous la guidance d’Etienne et Renate Lemmel, trois axes à l’AsPEC :
– Commission d’entraide pour porter assistance aux personnes démunies ;
– Musée du protestantisme en Flandres, situé sous le temple et ouvert sur demande ;
– Culture et Foi avec notamment une programmation de concerts avec le Conservatoire de Dunkerque qui apprécie l’acoustique du temple, mais aussi des conférences, du dialogue interreligieux, des contacts scolaires annuels avec les élèves du lycée EPID/Vauban lors des semaines interreligieuses organisées par l’établissement, des visites lors des Journées du Patrimoine…
Les bénévoles de l’AsPEC, bien que peu nombreux (6-7 membres âgés de 65 à 91 ans) sont particulièrement actifs et ce, dans plusieurs domaines. Chacun s’engage selon ses talents et sa disponibilité dans les différentes actions.
Avec l’Armée du Salut, les bénévoles participent aux inscriptions administratives des bénéficiaires ainsi qu’aux marmites de Noël pour collecter des fonds. Tout au long de l’année se tiennent des collectes de denrées alimentaires et de produits d’hygiène pour les bébés ainsi que des cours d’alphabétisation. L’AsPEC intervient également par des aides financières à la demande de personnes en difficulté pour payer un billet de train, acheter des timbres fiscaux, renouveler un lave-linge ou financer des camps de vacances pour les enfants…
L’association dispose de locaux en annexe du temple permettant d’héberger selon les demandes, (une famille de réfugiés ukrainiens pendant 3 ans, et maintenant une jeune femme ukrainienne depuis 1 an). L’accompagnement à l’installation et le suivi sont également assurés par les bénévoles.
L’aide aux migrants par le biais de l’association SALAM est assurée par une bénévole de l’AsPEC qui achète chaque semaine 20 kg de poulets, préparés en repas et distribués tous les mardis aux migrants qui patientent dans des camps de fortune autour de Dunkerque, dans l’attente d’un passage vers le Royaume-Uni. (lire le témoignage ci-contre)
L’engagement des bénévoles porte ses fruits car la situation financière de l’association permet chaque année de soutenir très concrètement plusieurs organisations ou projets, par des dons annuels à la Fondation John Bost, La Cause, la Lèpre, la Cimade, les projets de la Journée Mondiale de Prière, mais aussi ponctuels à un foyer d’orphelines au Bénin…
Car les bénévoles se mobilisent également pour des actions de levée de fonds, comme la brocante annuelle au foyer Coligny, la vente de confitures produites à partir de cueillettes de fruits ou le stand du marché de Noël avec vente de crêpes, gaufres et ouvrages manuels. Parfois, les concerts au temple se tiennent au bénéfice des actions de l’AsPEC, ce qui donne l’occasion de présenter les activités de l’association à un public nombreux.
D’autres initiatives se tenaient par le passé mais les forces vives diminuent et la relève se fait attendre. Des groupes de jeunes Eclaireuses et Eclaireurs Unionistes viennent séjourner parfois au Foyer Coligny pour des actions de soutien aux migrants. Mais sur le long terme, l’enjeu est de mobiliser de nouveaux bénévoles pour poursuivre toutes les activités entreprises. Gageons que l’installation annoncée de nouvelles entreprises sur le territoire occasionnera l’arrivée de nouveaux membres à l’Église protestante et donc, par répercussion, à l’association diaconale et culturelle qui y est liée… C’est le défi principal de l’équipe à l’avenir !
Extrait du témoignage de Michèle, bénévole de l’AsPEC auprès de SALAM, en solidarité avec les migrants, paru dans le magazine Liens Protestants de mai 2026
« Le terrain est très boueux et parfois nous voyons une grande flaque centrale. Nous essayons de nous positionner à un endroit où personne n’a les pieds dans l’eau et c’est souvent difficile à trouver.
Nous avons apporté de grands bacs de nourriture : deux bacs de pommes de terre, légumes et poulets, deux bacs de pâtes, légumes et poulet et enfin, deux bacs de riz sans viande.
Quand nous commençons la distribution, les migrants se sont mis en deux files, celle des hommes et celle des femmes et des enfants. Celle des hommes est très longue et nous donnons la priorité aux blessés.
Nous passons beaucoup de temps en distribution car il faut aider à emballer la nourriture. Ils sont très demandeurs de fruits, surtout de bananes et d’oranges. Pendant une bonne heure, nous donnons sans arrêter, puis la file n’existe quasiment plus et nous voyons arriver les retardataires. Ils marchent ou ils courent vers nous, selon qu’ils dormaient ou qu’ils étaient en route. Nous donnons en général tout ce que nous avons apporté. Quelquefois, nous avons des biscuits ou des yaourts : nous les réservons aux enfants ou aux exilés qui arrivent au moment où nous sommes sur le point de partir. Quand nous quittons le camp, nous voyons les gens assis à même le sol et ils mangent.
Certains font leurs prières ; ils ont posé un tapis sur un sac plastique. Mardi dernier, un petit garçon avait eu des bonbons et il voulait absolument nous en offrir. Il était souriant et fier, c’était plaisant à voir.
Sur le chemin du retour, ce sont toujours les mêmes échanges entre bénévoles. Nous ne comprenons pas, nous n’admettons pas qu’une telle situation puisse exister si près de chez nous. Hélas, la semaine prochaine, ils seront toujours là, eux ou d’autres, dans le froid et dans la boue. »