Pouvez-vous présenter votre Église locale en une phrase à quelqu’un qui ne la connaît pas ?
« Nous sommes une petite Église en nombre mais qui vit une grande fraternité, chaleureuse entre ses membres, dans un souci de bienveillance, de l’attention portée à chacun et d’accueil de tous ».
Tout le monde se connaît et prend des nouvelles les uns des autres au culte le dimanche qui rassemble entre 15 et 20 personnes : il se vit dans les échanges quelque chose de très sympa qui donne envie de revenir. Et comme on est bien accueilli, on souhaite accueillir de la même façon…
A l’instar de nombreuses Eglises, notre communauté d’Elbeuf a vu ses effectifs se réduire et prendre de l’âge au fil des années, mais sans perdre l’ambiance fraternelle qui lie ses membres. Depuis 2019, nous connaissons une vacance pastorale qui a mobilisé toutes nos forces vives locales mais aussi la solidarité des autres Eglises du consistoire (Rouen, Evreux, etc…) pour assurer tous les cultes, y compris les cultes d’action de grâce. La proximité avec Rouen encourage les mutualisations, notamment sur la catéchèse, les activités jeunesse, le groupe des familles, et le journal bimensuel Lien fraternel.
Nous avons aussi la chance de disposer de locaux très sympas et accueillants, à notre échelle. L’agencement des différents espaces (temple, petite et grande salle avec cène, cuisine…) est adapté à nos besoins et nous fait nous sentir comme dans un cocon. Une équipe travaux se réunit régulièrement pour entretenir les lieux, ce qui est encore une occasion de s’engager au service de l’Église, dans la bonne humeur.
Qu’est-ce qui vous a fait plaisir, sourire ou encouragé récemment dans la vie de votre Église ?
Il y a beaucoup d’occasions de réjouissances, mais nous retenons surtout deux moments marquants et particulièrement émouvants lorsqu’un couple très actif de notre Église a été confronté à des problèmes de santé. La communauté a répondu présent par des paroles d’encouragement, des petits mots, du soutien par la prière, au point que le couple a tenu à exprimer par la suite lors d’un culte leur reconnaissance pour le soutien reçu de la part de la communauté pendant l’épreuve qu’ils avaient traversée. Ils étaient surpris d’avoir reçu tant de marques de soutien et nous avons été surpris par leur reconnaissance !
Autre temps fort marquant, nous avons eu la grande joie de bénir en 2025 l’union d’un couple de notre Église qui avait par le passé connu des parcours de vie très difficiles et aux moyens modestes. Nous avons décidé de leur offrir leur mariage en organisant et en finançant en partie les festivités pour célébrer leur union. La fête a rassemblé près de soixante personnes et s’est terminée à 2h du matin !
Y a-t-il eu un moment, un projet ou une rencontre qui vous ont particulièrement marqués ?
Nous avons été très marqués par la rencontre avec notre futur pasteur ! Car oui, nous allons accueillir à partir de juillet 2027 un pasteur à mi-temps, Georges Letellier, qui se partagera avec Rouen. Et cela nous réjouit d’autant plus que notre premier échange fut très heureux.
Il est venu nous rencontrer avec son épouse et nous l’avons senti très à l’écoute, ancré dans la société et le quotidien, avec déjà des questions qui nous interpellent « Qu’est-ce que les protestants peuvent apporter à la ville ? ». Cette question fait écho au thème de notre rencontre consistoriale du 5 juillet à Dieppe sur le thème « A quoi les protestants peuvent-ils servir ? », dans tous les sens du terme « servir ».
Pour sûr, nous aimerions être une Église plus ouverte sur la ville ! Et notre futur pasteur nous a dit qu’il disposait d’outils pour nous aider à réfléchir à ce que nous pouvions apporter à la ville.
Cela nous parle d’autant plus que nous avons besoin d’aller vers les autres dans notre commune, la plus pauvre de Seine-Maritime où beaucoup de gens se sentent oubliés. Le groupe Croix-Bleue qui était lié à notre paroisse a fermé il y a maintenant quinze ans. Nous sommes bien sûr engagés dans le dialogue œcuménique mais aussi attendus pour tisser des liens inter-religieux, en particulier avec la communauté musulmane.
Fait rare, la municipalité d’Elbeuf est à l’initiative de la célébration de la Journée de la Fraternité le 4 février. Ce jour-là, une visite à pied des différentes communautés religieuses a permis des premiers échanges sur les aspects très concrets de chaque lieu de culte. Ces rencontres ne demandent qu’à être approfondies. Une dizaine de paroissiens a d’ailleurs répondu à l’invitation pour assister à un repas de rupture du jeûne pendant le Ramadan (Iftar).
Qu’est-ce qui rend votre Église unique aujourd’hui ?
C’est sans doute l’accompagnement des membres de notre communauté dans les moments joyeux comme les plus douloureux. Nous avons évidemment une attention particulière portée à nos anciens, en organisant des transports pour le culte ou même pour d’autres rendez-vous dans la semaine, ou en allant visiter des anciens en EHPAD. Notre doyenne sera bientôt centenaire !
Cette attention est précieuse car elle permet à chacun de sentir qu’il a une place, qu’il existe pour les autres et que, en cas de problème, la communauté sera là pour lui. Une conseillère en témoigne en ces termes : « Quand je viens au culte, je me sens en sécurité, je me sens entourée ». Il faut dire que les liens noués le dimanche se prolongent parfois en semaine, avec des amitiés qui se tissent naturellement.
Quels sont les défis actuels de votre Église ?
Nous allons préparer pendant l’année à venir l’arrivée de notre futur pasteur, en bonne intelligence avec l’Église de Rouen mais nous sommes confiants que la transition se fera naturellement et en douceur.
A moyen terme, le défi principal sera de discerner des personnes pour venir renforcer le Conseil presbytéral car plusieurs membres très actifs arriveront en fin de mandat. Jusqu’à présent, nous avons toujours trouvé des personnes pour remplacer les sortants mais nous devons anticiper sur le renouvellement.
Le rapport d’activités présenté à la dernière assemblée générale atteste de notre dynamisme et des nombreux petits projets entrepris. Nous répondons aux sollicitations que nous recevons. Nous aimerions en faire plus, sans vouloir en faire trop non plus pour ne pas tomber dans l’activisme, au risque d’épuiser les forces vives…
Pour toutes ces raisons, nous aurions besoin d’accueillir quelques jeunes familles avec enfants pour donner un souffle de renouvellement dans notre communauté. Trois enfants seront présents à partir de septembre. Et nous accueillons régulièrement des personnes qui arrivent pour le culte mais elles ne font parfois que passer. Il ne faudrait pas que notre bonne entente fraternelle fasse fuir des futurs paroissiens qui auraient peur de ne pas y trouver leur place !
Quels sont vos rêves ou projets pour les années à venir ?
Nous allons mettre à profit l’arrivée de notre futur pasteur pour prendre le temps de réfléchir à l’avenir de notre communauté et de construire ensemble un vrai projet d’Eglise, avec des orientations à cinq ans. Cela se fera sans doute en synergie avec l’Église de Rouen dont les ressources et les forces vives nous sont précieuses.
Nous allons continuer à faire vivre notre communauté pour annoncer l’Evangile à Elbeuf, dimanche après dimanche. Nous avions quasiment perdu l’espoir d’accueillir à nouveau un pasteur et voilà que nous en attendons un, alors tous les rêves et projets sont permis !…
(Propos recueillis par Elisabeth Marchand, chargée de communication régionale)