Comprendre les enjeux du prochain synode régional

Questions au pasteur Bertrand Marchand, président du Conseil régional Nord-Normandie pour comprendre les enjeux du synode régional qui se tiendra du 20 au 22 novembre 2026 à Raismes (59).

Quels sont les défis auxquels la Région Nord-Normandie de notre Église se trouve confrontée ?

Bertrand Marchand : Comme d’autres Régions de notre Église, nous avons pour notre avenir immédiat plusieurs défis à relever. Tout d’abord, la baisse régulière des membres fragilise le fonctionnement de plusieurs Eglises locales qui rencontrent des difficultés à renouveler leurs conseils presbytéraux ou à se mobiliser pour s’ouvrir aux personnes en recherche spirituelle qui sont sur le seuil de nos Eglises. Environ la moitié des associations cultuelles de la Région connaît une vacance pastorale, ce qui accentue souvent les difficultés à engager une dynamique locale d’ouverture sur la société.

 

Face à ces difficultés, quelles réponses le Conseil régional propose-t-il ?

B.M. : Nos Eglises ont un témoignage à apporter à notre société, mais pour s’engager dans une dynamique missionnelle, il est préférable de constituer des équipes pour avancer collectivement. Le consistoire est ainsi le premier niveau de l’Église universelle qui facilite et encourage les liens entre Eglises voisines, pour mutualiser des ressources, formations, initiatives communes sur un territoire de taille raisonnable. Dans cette perspective, le Conseil régional a suggéré de réfléchir à un redécoupage du grand consistoire PHAM afin de faciliter les échanges au sein de ce vaste consistoire. Le rôle des ministres au service de ces dynamiques collectives pourrait aussi être amené à évoluer à l’avenir, tenant compte du fait d’une part que le nombre total de ministres en activité va régulièrement diminuer sur le plan national car les départs à la retraite ne sont pas tous compensés par l’arrivée de nouveaux ministres et d’autre part que les durées de vacance pastorale s’allongent et affaiblissent les Eglises locales concernées.

 

Aujourd’hui, la Région a-t-elle les moyens financiers de mener ces évolutions ?

B.M. : S’engager dans une dynamique missionnelle de renouvellement de nos membres est une nécessité aussi pour trouver de nouveaux donateurs et diversifier le profil des donateurs qui soutiennent l’action de l’Église. Les contributions régionales des Eglises locales sont en baisse, ce qui engendre un déficit important de notre budget qui, pour être présenté à l’équilibre, ce qui est attendu par nos textes réglementaires, doit puiser dans les réserves qui s’amenuisent. Le risque premier est de ne plus être en capacité d’accueillir les pasteurs qui souhaitent exercer leur ministère dans notre Région, alors que des candidats frappent à notre porte. La mobilisation financière de chacun est déterminante et le Conseil régional a fourni un kit d’animation financière pour cela, proposant également que le premier dimanche de l’Avent, le 29 novembre, une partie de la collecte du culte soit attribuée à la Région afin de sensibiliser à cet enjeu de solidarité entre les Eglises locales de la Région.

 

Comment la Région peut-elle soutenir les initiatives missionnelles des Eglises locales ?

B.M. : Plusieurs Eglises de notre Région prennent des initiatives pour s’ouvrir à de nouveaux membres et nous nous en réjouissons ! Pour valoriser ce qui est vécu et partager ces idées inspirantes, le Conseil régional a souhaité développer la communication par le niveau régional pour valoriser les initiatives locales. Les résultats de l’audit sur ce sujet seront présentés lors du synode. Le financement FLAM obtenu par la Région pour trois ans permet d’accompagner les Eglises. Car la porte d’entrée des futurs membres de nos Eglises ne sera jamais l’échelon régional, mais bien les Eglises locales dont les sites Internet doivent être bien renseignés, accueillants pour donner envie de franchir le seuil d’un temple et de rejoindre une communauté !

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